ÉCORCES

Géographie intime de deux peaux

 


Création printemps 2023

Peinture Silvia Lermo

ÉCORCES

Géographie intime de deux peaux

 

TOUT PUBLIC à partir de 12 ans

ARTICLES

 « Moi, c’est mon corps qui pense.
Il est plus intelligent que mon cerveau.
Il ressent plus finement, plus complètement que mon cerveau.
Quand mon corps pense... tout le reste se tait.
À ces moments-là, toute ma peau a une âme. »
La Retraite sentimentale/Colette

Un spectacle où théâtre et corps poétiques percent les secrets de notre épiderme sensible...

Rouge et Atlas respirent en mouvement au cœur des éléments et nous guident vers le langage de leurs peaux. Laissons-nous toucher par leurs traversées.

 

"Rouge

Rouge -

Il pleut ? C’est ça il pleut ? Ça y est je le sens

J’ai/ toute ma surface/ j’ai la surface qui palpite/
on dirait/ une flaque qui s’agite/ gouttes légères
qui rebondissent/ une pluie légère d’été/ je/
la pluie je peux la sentir/ j’ai ça en moi/ j’ai ça la pluie légère d’été/

l’averse de printemps/ la bourrasque de l’hiver/ toutes/

inscrites dans mes plis/ leur martèlement et leurs rythmes/

ça vient de là/ je veux dire/ ça vient de loin/ l’enfance et les pluies
qui bourdonnent/ et moi sous la pluie/ et toute/

 

Allez allez         Relève-toi
 

Ça glisse/ la pluie glisse sur moi/ ça miroite avec le soleil/
nettoie les plaies mal refermées/ lave mon cœur

À nu maintenant

Il faut recoudre

Déplier

Défroisser

Centimètre par centimètre

 

Allez vas-y

 

Je me plie dans les bras, les genoux, les jambes.

Je me déplie dans la nuque, dans le dos, dans les fesses.

Je m’étire

Jusque dans mes plis de peaux

Je secoue mes mondes enfouis

Extraits des monologues de Céline Bernard

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DISTRIBUTION

Idée originale, scénographie, mise en scène : Claudia Pellarin-Raveau
« Ma peau joue au caméléon, elle a des couleurs différentes en fonction des territoires de mon corps. Ici peau tannée caramélisée qui sent l’Italie, là ! blancheur de lait, puis ici rougeur incontrôlée, parfois grains de beauté regroupés qui dessinent des formes constellées,… mais tous ces bouts de moi, sont profondément tout moi.  Ma vie est écrite.
Oh et puis aussi, ça ne m'a jamais quitter : j’adore en rajouter, tâches de couleurs quand je peins et symboles sur mes mains, pour ne rien oublier.»

 

Ecriture, dramaturgie : Céline Bernard

« J’ai la peau plutôt blanche. Même très blanche sur certaines parties du corps. Une peau qui réagit facilement. Ainsi les mots qui parfois n’arrivent pas à franchir mes lèvres peuvent se lire sur ma peau, en particulier ceux de la colère ou de l’angoisse, qui font plaques rouges ou
constellations sur mes joues et ma gorge. Dans ces cas-là, ce que ma tête ne veut pas dire, c’est ma peau qui le dit pour moi, qui prend le relais et charrie mes tremblements, comme de petits volcans à la surface. Ma peau parle souvent pour moi. »

Jeu : 

Magalie Ehlinger

« Je commence avec un point vif et noir au-dessus de la bouche. Un grain. Une mouche comme on dit. C'est assez clair, assez simple pour me dire en langage des signes. Non loin, je suis un art brut, radical, ondulée en sillon qui prend son temps. Pour qu'on arrête de me prendre pour une enfant pour qu'on me prenne au sérieux peut-être. Un éclair lent. Une marque saturnale comme si l'astre avait déposé ses anneaux dans l'argile pour dire quelque-chose qu'on ne comprend qu'avec la patience. Un volcan parfois apparaît sous moi pour brûler en pluie de pommettes en lit veineux comme un orage sous un linge. C'est quand je suis rouge partout. Souvent. Quand je regarde bien, et que je suis rouge. Pour mettre de l'air je mute en virgule blanche, en entrelacements savants ; je suis une mélopée vague sur les hanches. C'est quand je bois du vin. La vie ici règne et laisse sa trace là où cela lui chante. La vie, si d'aventure on l'oublie. On saura qu'hier est passé par là et que demain n'est pas si loin.»

 

Grégory Morin 

« Ma peau est une carapace plus ou moins épaisse, armure à trous, elle éponge quand elle est à l’écoute de tout ce qui l’environne, elle protège quand elle est peau-made, elle reçoit, elle frissonne lorsqu’elle est émue, elle brûle quand elle est peau de feu. Ma peau subit une belle mue avec ECORCES et ce n’est que le début ! »


Musique originale : Denis Leonhardt

"Elle est douce, sauvage, élastique. 
M'enveloppe et me protège.

Toujours à l'affut, elle hume, guette et se tend.

Se tanne avec le temps.

C'est mon radar sensible et sensuel.

Ma peau essentielle."


Création lumière, régie son et lumière : en cours de distribution

Production :

Artenréel #1 / Cie Les Yeux comme des Hublots

Soutiens :

Maison des Arts, Lingolsheim

EMMACULTURE – Emmaüs Scherwiller (emmaus-scherwiller.fr)